Présentation du projet
Réalisé en équipe dans le cadre du cours TEN–7006 – Design de systèmes d’enseignement et de formation, l’idée était de réaliser la conception d’une formation mobile interactive d’une quinzaine de minutes dans l’intention d’un futur développement sur Storyline 360. Elle devait répondre à un besoin d’apprentissage ciblé dans l’analyse de besoin préalablement réalisée avec le client.
Par un document qui lui est adressé directement et qui inclut une carte conceptuelle représentant graphiquement les différents éléments entourant le déploiement de la formation, par un diagramme de flux lui présentant l’ensemble de la navigation et par un scénarimage expliquant visuellement la formation et servant à la mettre en scène pour une meilleure compréhension, le client peut facilement prendre la décision de mettre en œuvre le projet qui lui est présenté.
Document destiné au client
J’ai vu le document réalisé ici comme la porte d’entrée chez le client, celui qui vient lui faire valoir l’importance de l’implantation de la formation proposée dans son organisation. On y situe la formation dans l’ensemble des concepts entourant l’objectif visé : les contraintes, le contexte, la description du groupe d’apprenants, les conditions d’implémentation de la formation et les stratégies d’évaluation. La carte conceptuelle vient imager le tout, et donne un schéma clair de l’intégration du projet dans l’environnement.
Défis rencontrés et compétences développées
Ce document nécessite une réelle vue d’ensemble du projet dans son environnement pour être réalisé. Cet aspect a été un défi car dans le contexte de ce travail académique, l’accès au client n’était pas de même nature que si nous étions sur le terrain. Évidemment, la collègue ayant un lien direct avec le client est venue enrichir sérieusement la carte conceptuelle, aspects qui furent corroborés par le site internet et la documentation de l’entreprise. Ce diagramme à deux dimensions fait état du même coup de la compréhension que nous avons des concepts liés au client par rapport à l’objectif de la formation. C’est notre capacité à relier l’ensemble de ces connaissances qui vient justifier la proposition présentée et à ce titre, il est essentiel que l’analyse de besoins ait été bien faite.
Réflexion
Si je regarde le document client avec les yeux de mon expérience professionnelle, il m’apparaît comme les dossiers que présentent les firmes externes, où l’on retrouve « sur papier » ce que tout le monde sait déjà, mais qui semble un incontournable pour mettre la table. Je ne crois pas vraiment en la nécessité de créer ce document lorsqu’une bonne analyse de besoins a été faite. Pour moi, il alourdit le processus et je n’y vois pas l’importance de l’apport.
Mon intérêt porte plutôt sur la carte conceptuelle, l’arme à double tranchant qui, si elle est solide, viendra jeter des assises fortes à l’acceptation du projet, mais qui, à l’inverse, si elle présente des failles, viendra faire s’écrouler les propositions. La carte conceptuelle vient préciser les relations qui unissent les différentes composantes de l’univers du client si on arrive à bien les hiérarchiser. C’est là l’enjeu. C’est aussi là le succès car il permet à celui qui le fait valoir de démontrer ses habiletés de synthèse et il vient illustrer visuellement sa compréhension de l’ensemble du projet, révélant du même coup les connexions cachées et les ficelles entre les concepts et les idées.
« Je vote contre » le document client. « Je vote pour » la carte conceptuelle et je me pointe en personne pour en discuter!
Diagramme de flux
Le mandat consistait à créer et développer un diagramme de flux détaillant la navigation à l’intérieur de la formation mobile interactive d’une durée de 15 minutes que l’équipe proposions au client. Ce type de diagramme utilise différentes formes pour décrire la spécificité des processus et des flèches ou lignes de flux, pour décrire l’avancement et les embranchements, étape par étape, du déroulement de la formation.
Nous avons créé un diagramme de flux plutôt simple, c’est-à-dire constitué que de quelques formes standards outre les flèches, dont le symbole du processus en forme de rectangle, le rectangle aux coins arrondis servant de point de départ et de fin, et le losange, symbole de décision où l’apprenant doit généralement faire une action à savoir, répondre à une question ou faire un choix en fonction de ses goûts, intérêts ou connaissances antérieures. En fonction de l’action prise, le résultat varie et le chemin se divise en fonction des rétroactions nécessaires à la réponse mentionnée.
Défis rencontrés et compétences développées
La structure de la formation a d’abord été créée avec le tableau blanc collaboratif Miro, où instinctivement nous avons créé un diagramme de flux « détaillé » si je puis dire, c’est-à-dire que notre ébauche ne se souciait pas du choix des formes et englobait une espèce de fusion avec la mise en scène de l’histoire. J’ai découvert Miro dans ce projet, logiciel que je vais réutiliser car efficace et convivial. Il est très instinctif tant au niveau de la navigation qu’en ce qui concerne les outils disponibles pour la création du contenu. Il est de plus, collaboratif et gratuit. Il a été utilisé aussi pour travailler la carte conceptuelle.
Je n’avais que très peu de connaissance avant ce projet de ce qu’était un diagramme de flux. J’aurais apprécié plus de théorie sur le sujet en classe en abordant d’une façon plus directe, les éléments « à faire » « à ne pas faire » ou « à bonifier ». Cet aspect de la formation a nécessité un regard d’analyse auto-critique sans grandes balises sur tout ce que nous faisions.
Nous avons ensuite exploré le logiciel Whimsical qui présente aussi une suite permettant à plusieurs parties prenantes de travailler sur un seul document en même temps. Notre
diagramme de flux final a été présenté avec cet outil collaboratif. Le résultat est visuellement très joli. Cependant, lors de la création, certaines fonctionnalités, dont l’organisation des flèches ne sont pas toujours très conviviales et nécessite un peu plus de patience qu’avec Miro!
Réflexion
Dans la création de la formation mobile, j’ai tout de suite vu combien le diagramme de flux permettait une meilleure structure des idées et permettait de simplifier et visualiser des idées complexes.
L’utilisation des formes, des couleurs et des lignes directionnelles fait en sorte que le diagramme de flux permet d’obtenir facilement une vision d’ensemble d’une formation et surtout en affiche clairement la structure. J’avoue me sentir impatiente de l’utiliser dans une formation complexe où il est d’autant plus important d’évaluer l’ampleur des interactions et rétroactions ou le poids de chacun des sujets traités. Il me semble que cet outil me permettra d’être non seulement plus efficace, mais va simplifier la compréhension des différentes étapes des processus.
Je vois aussi dans cette représentation visuelle du cheminement d’une formation un net avantage lié au fait que l’équipe peut rapidement voir comment les différentes composantes d’un processus sont liées les unes aux autres et ainsi révéler rapidement les défauts de structure ou les cul-de-sac impromptus qui apparaissent parfois dans une formation en ligne. Cet outil me sera précieux autant lors de la création d’une formation, que pour lier des modules les uns aux autres, ou pour résoudre des problèmes de conception et améliorer les produits. Suis très heureuse de cet apprentissage!
Scénarimage
Le scénarimage permet de définir le cadre, l’intention. Il détermine les principaux éléments et les actions qui composent chaque scène et à l’aide de commentaires et d’annotations, permet de préciser les détails du contenu, des activités interactives, des éléments visuels et textuels, la bande sonore et finalement, la navigation.
Défis rencontrés et compétences développées
La gestion du temps est sans aucun doute le plus grand défi de l’ensemble de ce projet de taille qui nécessite beaucoup plus d’heures d’exécution que ce qui est annoncé au programme. Il a fallu y réaménager l’horaire professionnel et familial, revoir mes priorités et trouver des compromis un peu partout.
J’ai aussi eu de la difficulté à comprendre les consignes quant à tous les documents demandés. J’ai dû me référer très souvent à mes collègues de travail afin d’obtenir des explications plus précises. Notre désir de s’entraider et de réussir nous a poussé à nous dépasser malgré les contraintes de tout le monde. Je crois que nous avons su mettre à l’avant plan les forces de chacune.
Dans le milieu professionnel, le scénarimage est un document qui varie souvent en fonction des équipes de travail. J’y ai vu des scénarimages tellement détaillés, que même quelqu’un qui ne s’y connaît absolument pas, peut créer exactement la formation demandée. Dans d’autres milieux, chaque expert est dédié à optimiser son expertise et ainsi, un même scénarimage passera du concepteur pédagogique, au graphiste, à l’expert UX, à l’expert de contenu, etc.
C’est ainsi que le scénarimage à produire au soutien de notre formation mobile s’adressait à l’équipe de développement et de production, et en ce sens, les consignes requises au scénarimage pouvaient varier. Nous avons donc essayé d’être le plus précises possibles.
Réflexion
Plusieurs éléments doivent être pris en compte lorsque l’on couche sur papier une formation mobile pour un client. Il faut penser autant à garantir l’image de marque de l’entreprise (logo, couleurs, police…) qu’à l’expérience utilisateur, aux éléments motivateur, au choix du contenu, à l’aspect pédagogique. C’est un travail qui demande de grandes ressources et regroupe plusieurs compétences. Il aurait été intéressant d’en savoir plus sur notre équipe de travail.
L’équipe a fait le choix d’intégrer à la formation l’écriture inclusive. Personnellement, je remets en question cette volonté d’inclusion dont le pendant est l’ajout en lourdeur dans la formation. Mon expérience est à l’effet qu’il faut éviter toute embuche de lecture plusieurs de mes apprenants ont beaucoup de difficulté à lire et à comprendre ce qu’ils lisent, et en ce sens, l’ajout de « iel » « lo » et « iels » « .e.s » est-il réellement une bonne chose? Pour plusieurs aussi le français est une deuxième, voire une troisième langue. De mon point de vue, j’en doute encore. J’aimerais trouver un autre moyen de démontrer l’inclusion.
En finale, au-delà du fait que l’ensemble de ces travaux ont été énergivores, j’ai beaucoup appris.
